18 mars 2019. La toile de confiance numérique "Commun·e", qui compte désormais plus de 4 millions de membres en France, est en ébullition. C'est ce soir que ses créateurs doivent faire l'annonce de la première action insurrectionnelle de masse.

Prélude

18 mars 2019
Voilà près de 6 mois que la toile de confiance Commun·e a été lancée par un groupe d'hacktivistes anonymes et relayée par tous les médias et youtubeurs progressistes du pays. Ce soir, les 4 millions de membres doivent recevoir des instructions pour les premières actions insurrectionnelles de masse, annoncées comme légales et non violentes, auxquelles ils se sont engagés, par avance, à participer.

Commun·e

Techniquement, Commun·e est une blockchain, open source et décentralisée. C'est aussi une DAO : Une organisation autonome et décentralisée, dont les règles (algorithmes) de fonctionnement évoluent démocratiquement par concertation de ses membres.

Commun·e s'installe sur portable et sur PC et se déploie comme une toile de confiance : chaque nouveau membre doit être validé au minimum par 5 autres membres de la toile, par une rencontre physique. Ils se portent garants de la validité de son adhésion (identité, âge, adhésion à la charte). Ce coté club privé a joué pour beaucoup dans le succès du déploiement de la toile de confiance. Dès le premier mois, les événements d'adhésion physique se sont multipliés dans toutes les villes de France.

Pourtant, ce mode d'adhésion n'est pas un gadget marketing, mais bien le fondement théorique de cette organisation : un réseau de confiance entre des citoyens partageant des aspirations politiques communes. Les "parrains" de chaque membre sont également ses parrains d'engagement : toute adhésion à une action commune se fait publiquement auprès de son réseau de confiance.

L'enjeu politique

Au-delà de l'aspect technique, c'est bien l'ambition politique de cet outil qui a provoqué un ralliement massif. Commun·e a été présenté comme le socle technique nécessaire à une insurrection concertée, pacifique et massive.

Ses membres s'entendent sur un constat partagé :

  • L'incapacité des institutions nationales et européennes à fournir un fonctionnement démocratique au système
  • Le verrouillage effectif de l'élection, par la propagande médiatique et le financement des campagnes, rendant impossible une révolution par les urnes
  • La gravité du démantèlement des structures sociales
  • L'inanité des politiques d'austérité
  • Le pillage de l'évasion fiscale et l'impunité totale de la criminalité financière
  • L'urgence écologique et l'inaction totale des institutions face au changement climatique et à la 6e extinction de masse
  • La nécessité impérieuse de subordonner l'économie à l'humain en conditionnant les flux d'argent et de marchandise à des normes sociales et environnementales communes.

En pratique, le réseau Commun·e sert de support à deux applications majeures, permettant théoriquement un fonctionnement autonome de la société, en parallèle des systèmes économique et politique actuels :

  • Un système de vote sécurisé, secret et irrépudiable, basé sur les récentes recherches sur le chiffrement homomorphe est intégré à un mécanisme de rédaction et d'amendement de lois organiques, permettant également la modification du fonctionnement interne de Commun·e.
  • Une monnaie libre, le Commun, du même genre que Duniter, est dotée d'une création monétaire démocratique (évolution de la masse monétaire décidée en permanence par tous les membres du réseau) et distribuée (par un dividende de base, versé à parts égales à chaque membre du réseau) permettant des transactions économiques en se passant des banques et de l'euro.

La campagne

Commun·e fut lancée en septembre 2018. Les hacktivistes concepteurs de la plateforme avaient contacté par avance l'ensemble des médias indépendants de France, presse technique et politique : La Quadrature du Net, Linux Mag, Korben, Reflets.info, Médiapart, Le Canard Enchaîné, Fakir, Osons Causer, Usul, Le Média, Le fil d'actu, etc, ...

Les hackeurs avaient également piraté quelques systèmes d'information de masse, afin d'assurer une diffusion maximale, à peu de frais :

  • Les systèmes de notification (push) des applis mobiles de la plupart des grands journaux français (Libération, Le Monde, Paris Match, L'Équipe, ...)
  • Les systèmes d'affichages lumineux (autoroutes et mobilier urbain) : profitant d'une faille matérielle zero-day découverte sur la quasi totalité des systèmes d'affichage à LED, les hackeurs prirent le contrôle de 12.000 systèmes d'affichage, identifiés sur Shodan.io. S'agissant d'une faille matérielle, impossible à colmater rapidement, les autorités n'eurent d'autre choix que de laisser le groupe de pirates diffuser régulièrement ses messages dissidents sur toutes les routes de France.

La plateforme eut d'abord un grand succès auprès de la communauté geek & hackers de gauche. En 2 mois, la plateforme comptait 300.000 abonnés. Les médias de masse, intrigués par l'anonymat des concepteurs et le mode d'inscription par "confiance", se firent le relais de ce buzz et contribuèrent pour beaucoup à son adoption par le grand public. L'adoption fut expontentielle, atteignant 4 millions en mars 2019.

Il faut dire que la colère et le dépit étaient tels à ce moment-là, face à la politique gouvernementale, que les sans-dents cherchaient désespérément de nouvelles formes de lutte.

Fight Club - final

Le grand soir

18 mars 2019. La date n'a pas été choisie au hasard. C'est la date anniversaire du soulèvement qui initia la Commune de Paris, en 1871

Les membres de Commun·e, pour la plupart, ont suivi les consignes préalables distillées quelques mois plus tôt :

  • Faire une réserve de nourriture de 4 mois (comme le font déjà les Allemands et les Suédois) afin de parer aux conséquences des actions insurrectionnelles.
  • Fonder des réseaux d'entraide de quartier (partage de nourriture, transport, jardins de ville) pour augmenter la résilience de la société aux aléas économiques.
  • Se former aux actions de résistance non violente.

19h : 4 millions de portables et de PC reçoivent simultanément le même message, relayé également sur les panneaux de signalisation LED et, en audio, sur l'ensemble des enceintes connectées du pays, piratées pour l'occasion :

Message aux Communards. Afin de reprendre le contrôle des institutions, de la politique et de nos communs, nous vous appelons à suivre, massivement, les directives suivantes :

  • Cessez tout achat de confort. Ne consommez que le strict minimum, auprès de commerces locaux, en utilisant la monnaie le Commun.
  • Retirez votre épargne des banques. Transférez votre argent au capital de coopératives locales et vertueuses. Convertissez vos euros en Commun.
  • Cessez le travail, aussi longtemps que vos économies vous le permettent. Participez aux caisses de grève organisées par vos syndicats, pour soutenir la grève de vos collègues les plus précaires.

Message au gouvernement. Monsieur Macron. L'appel ci-dessus sera levé lorsque les trois conditions suivantes seront réunies :

  • Nationalisation de 3 banques françaises, dont la gestion sera donnée, par décret, à la DAO Commun·e.
  • Saisie de capitaux des multinationales présentes sur le sol français, à hauteur de l'évasion fiscale estimée, cumulée sur 10 ans. Ces capitaux seront intégralement cédés à la DAO Commun·e, qui en aura la gestion.
  • Initiation d'un processus constituant, délégué à la DAO Commun·e. À l'issue de ce processus constituant, et sous réserve de l'approbation de la nouvelle constitution par référendum, les institutions de la 5e républiques seront dissoutes.

[à suivre ...]

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